PISA 2025 : Je veux casser la spirale négative des résultats
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Les résultats de l’enquête PISA 2025 publiés par l’OCDE montrent une nouvelle fois les difficultés auxquelles fait face notre système éducatif. Si les performances des élèves de Fédération Wallonie-Bruxelles se situent désormais autour de la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines évalués (sciences, mathématiques et lecture), cette apparente stabilisation ne peut masquer une tendance de fond préoccupante : depuis 2018, les résultats ont reculé de 28 points en mathématiques, de 15 points en lecture, et de 3 points en Sciences.
"Ne cachons pas la poussière sous le tapis : ce ne sont pas de bons résultats. Certes, nous baissons moins vite que d’autres systèmes éducatifs et nous atteignons désormais la moyenne de l’OCDE en sciences, mais je refuse que l’on définisse le progrès par le bas. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’être les “moins mauvais”. Notre ambition doit être beaucoup plus élevée : inverser la tendance et casser cette spirale négative des résultats PISA".
En sciences, la Fédération Wallonie-Bruxelles obtient 482 points, contre 479 en 2022 et 485 en 2018. En mathématiques, le score atteint 467 points, contre 474 en 2022 et 495 en 2018. En lecture, il s’établit à 466 points, contre 474 en 2022 et 481 en 2018.

Le rapprochement avec la moyenne de l’OCDE doit donc être interprété avec prudence. Il ne traduit pas une amélioration des performances de la Fédération Wallonie-Bruxelles : celles-ci restent globalement stables, tandis que la moyenne de l’OCDE, elle, a fortement reculé. La FWB se rapproche ainsi d’une moyenne qui baisse, et non parce qu’elle progresse. L’objectif ne peut dès lors pas être de se satisfaire de cette apparente stabilité. Il doit être de faire progresser durablement notre système éducatif, en regardant vers les systèmes qui obtiennent les meilleurs résultats pour tirer l’ensemble de notre enseignement vers le haut.
Discipline, motivation, absentéisme : des signaux qui nous alertent
L’OCDE ne pointe pas une cause unique à la baisse des performances mais un faisceau de facteurs qui, cumulés, fragilisent les apprentissages. Parmi eux, une baisse de l’effort et de la persévérance des élèves, davantage de difficultés face aux textes longs et aux tâches complexes, un recul du plaisir de lire, une hausse de l’absentéisme, mais aussi un climat scolaire et disciplinaire plus difficile.
"Cela confirme une conviction : pour apprendre, il faut pouvoir se concentrer, faire des efforts et évoluer dans une classe où l’enseignant peut enseigner. Exigence académique et bien-être ne s’opposent pas. Les meilleurs systèmes éducatifs réussissent précisément à combiner les deux".
Renforcer les apprentissages de base et intervenir plus tôt
Pour inverser la tendance, plusieurs réformes ont déjà été engagées afin de remettre les apprentissages de base et l’exigence au cœur de l’école.
Le test CLÉ, organisé pour la première fois cette année en début de 4ème primaire, doit permettre d’identifier plus rapidement les difficultés en calcul, lecture et écriture et d’intervenir avant qu'elles ne s’installent.
L’accompagnement personnalisé en primaire et en 1ère secondaire avec 460 ETP supplémentaires.
Les seuils de réussite aux évaluations externes certificatives seront portés de 50 à 60%.
Depuis cette rentrée, une période supplémentaire de mathématiques et deux périodes de numérique en 1ère secondaire.
Restaurer un climat propice aux apprentissages
Les résultats de PISA renforcent également la nécessité de travailler sur le climat scolaire et l’autorité de l’enseignant.
L’interdiction de l’usage récréatif du smartphone pendant le temps scolaire vise notamment à restaurer la concentration et les interactions entre élèves.
Le programme de lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement est également renforcé, avec 8 millions d’euros mobilisés sur quatre ans.
Depuis le 1er septembre, le nouveau Code pénal reconnaît pleinement les enseignants parmi les personnes exerçant une fonction sociétale et renforce leur protection face aux violences.
La fin de l’automaticité de certains recours vise également à réaffirmer la confiance dans leur expertise pédagogique.
La lutte contre l’absentéisme et le décrochage a elle aussi été renforcée : les familles sont désormais alertées plus rapidement en cas d’absences injustifiées afin de permettre une intervention avant que le décrochage ne s’installe dans la durée.
"Pendant trop longtemps, parler d’exigence, d’effort ou de discipline a parfois été considéré comme dépassé. L’enquête PISA nous rappelle pourtant une évidence : on n’améliorera pas les apprentissages sans travailler aussi sur les conditions dans lesquelles ils ont lieu. Je veux une école qui accompagne, mais aussi une école qui exige et qui tire nos élèves et notre enseignement vers le haut".
Les résultats PISA 2025 portent sur 2.819 élèves de 15 ans issus de 98 établissements secondaires de Fédération Wallonie-Bruxelles.


